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Condoléances et deuil

Le deuil : repères et ressources

Publié le · Sources vérifiées le

Il n’existe pas de manière unique de vivre un deuil. Après un décès, le choc, l’impression d’irréalité, la tristesse, la fatigue, la colère ou la culpabilité peuvent apparaître, se combiner, disparaître puis revenir. Leur intensité et leur expression diffèrent d’une personne à l’autre, et la présence ou l’absence d’une réaction donnée ne permet pas, à elle seule, de porter un diagnostic. Il n’existe pas non plus de durée « normale » du deuil.

Cette page rassemble des repères d’information, pas des règles : ils ne sont imposés à personne et ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un professionnel. Elle indique aussi, en fin de page, des associations et des lignes d’écoute en France.

À retenir

  • Les réactions au deuil sont variées ; aucune n’est, à elle seule, le signe d’un deuil « bien » ou « mal » vécu.
  • Les cinq étapes de Kübler-Ross sont un modèle théorique, critiqué quand il est présenté comme une suite obligatoire.
  • Selon Empreintes, il n’y a pas de durée normale du deuil.
  • Il est possible de demander de l’aide dès que le besoin se fait sentir, sans attendre une date précise.
  • Le 3114 (prévention du suicide) répond 24 h/24, 7 j/7. Danger immédiat ou urgence médicale : 15 ou 112.

Les réactions au deuil : une grande diversité

Le service de santé britannique (NHS) rappelle que les réactions au deuil varient. Parmi celles qu’il décrit : le choc, l’impression d’irréalité, la tristesse, la fatigue, la colère et la culpabilité. Elles peuvent se présenter ensemble, s’estomper, puis revenir.

Ces repères n’ont pas valeur de liste à cocher : la présence ou l’absence d’une réaction donnée ne permet pas, à elle seule, de porter un diagnostic.

Le NHS est une source britannique : elle sert ici pour les repères psychologiques, pas pour décrire l’organisation des soins en France.

Les « cinq étapes » du deuil : un modèle théorique critiqué

L’expression « les étapes du deuil » renvoie le plus souvent aux cinq catégories associées à Elisabeth Kübler-Ross : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation. Ce modèle est né d’observations de personnes confrontées à leur propre fin de vie, publiées en 1969, puis il a été appliqué au deuil des proches.

Ces catégories sont à lire comme un modèle théorique historique, et non comme cinq passages obligatoires, un ordre universel ou un calendrier. Une étude de Avis, Stroebe et Schut, publiée dans Frontiers in Psychology en décembre 2021, critique expressément la manière prescriptive dont ces étapes sont présentées sur Internet. Elle souligne le risque de faire croire à des personnes qu’elles vivent « mal » leur deuil parce que leur expérience ne suit pas ce schéma.

Deux précisions utiles :

  • le mot « dépression », dans ce modèle, désigne une catégorie théorique ; il n’est pas, à lui seul, un diagnostic individuel ;
  • vivre son deuil autrement que selon ces catégories n’a rien d’anormal.

Combien de temps dure un deuil ?

Il n’existe pas de durée « normale » universelle. Empreintes formule explicitement cette absence de durée normale dans son rapport annuel 2014, et l’association britannique Cruse présente un repère concordant dans son information actuelle sur les effets du deuil.

Concrètement, un nombre fixe de semaines, de mois ou d’années ne peut pas être présenté comme la date à laquelle quelqu’un aurait dû terminer son deuil. L’expression « faire son deuil » peut d’ailleurs suggérer un achèvement : ce n’est pas une obligation, ni un objectif à atteindre dans un délai donné.

À ne pas confondre avec cette durée personnelle : les jours de congé auxquels un salarié ou un agent public a droit après un décès. Ils correspondent à des droits à absence, pas à une mesure de la durée du deuil. Ils sont détaillés dans la page Congé pour décès et congé de deuil.

Quand peut-il être utile d’en parler à un professionnel ?

Selon le NHS, il est possible de demander de l’aide dès que le besoin se fait sentir. Il n’est pas nécessaire d’attendre un anniversaire du décès ni qu’un certain temps se soit écoulé.

Certaines situations peuvent justifier d’en parler à un médecin ou à un professionnel de santé mentale :

  • une souffrance qui s’aggrave ;
  • une anxiété difficile à supporter ;
  • une difficulté importante à accomplir les activités de la vie quotidienne.

Ces repères servent à orienter vers une évaluation par un professionnel. Ils ne permettent pas d’identifier soi-même un trouble, et ils ne remplacent pas un avis médical.

Idées de mort, idées suicidaires, inquiétude pour un proche

Le 3114, numéro national de prévention du suicide, peut être appelé dès les premières idées de mort, par la personne concernée comme par son entourage ou par des professionnels. Il fonctionne 24 h/24 et 7 j/7, il est gratuit et confidentiel, en France métropolitaine et en outre-mer, et la réponse est assurée par des professionnels hospitaliers.

En cas de danger immédiat ou d’urgence médicale, le numéro à appeler est le 15 ou le 112.

Le deuil chez l’enfant : quelques repères

Les repères ci-dessous viennent d’organismes d’accompagnement (Empreintes, UNICEF, NHS). Ce sont des pistes de dialogue, pas un protocole médical, et l’UNICEF est une source internationale : ce ne sont pas des règles juridiques françaises.

Parler avec des mots adaptés. Les explications peuvent être ajustées à ce que l’enfant est en mesure de comprendre. Empreintes indique qu’il est possible de dire clairement que la personne est morte, en évitant de remplacer cette information par des formules comme « endormie » ou « partie », d’accueillir les questions de l’enfant et de rester disponible.

Vérifier la culpabilité. Un enfant peut croire qu’il est responsable du décès. L’UNICEF suggère de vérifier s’il pense l’avoir causé, puis de lui expliquer qu’il ne l’a pas provoqué par ses pensées ou son comportement.

Maintenir des repères. Selon l’UNICEF, il est possible de maintenir autant que possible des repères quotidiens et de permettre le jeu et les activités ordinaires. Informer les adultes qui l’entourent, notamment à l’école, peut faciliter leur soutien.

Une expression du chagrin qui n’est pas celle d’un adulte. Selon le NHS, parler du décès à travers le jeu, des histoires ou des souvenirs peut être une manière de chercher à comprendre.

Le rituel et les funérailles. Selon Empreintes, la participation à un rituel ou aux funérailles peut être proposée à l’enfant, préparée et accompagnée, sans qu’elle soit rendue obligatoire. Pour la cérémonie elle-même, voir la page sur la cérémonie d’hommage.

Ce qui peut exprimer une souffrance. Selon Empreintes, un sommeil perturbé, un retrait, de l’irritabilité ou des difficultés scolaires peuvent exprimer une souffrance chez un enfant. Ces signes ne constituent pas un diagnostic.

Soutenir une personne en deuil

Empreintes recommande à l’entourage d’écouter la personne, de respecter son rythme et de ne pas lui imposer de projet de « rétablissement ». Il s’agit d’une recommandation associative : chaque situation reste différente.

Pour trouver des mots à écrire ou à dire au moment du décès, la page Message de condoléances propose des pistes rédactionnelles.

Ressources en France

Les informations ci-dessous proviennent des sites de chaque organisme, consultés le 19/09/2026. Les horaires et tarifs peuvent évoluer : à vérifier sur leur site avant d’appeler.

Ressource À qui elle s’adresse, et ce qu’elle propose Contact Coût et territoire
Empreintes Personnes confrontées à un deuil, entourage et professionnels : écoute, information, orientation vers un accompagnement individuel ou collectif. 01 42 38 08 08. Lundi et jeudi : 9 h 30–12 h 30 et 15 h–20 h 30 ; mardi : 9 h 30–14 h 30 et 18 h–20 h 30 ; mercredi : 9 h 30–20 h 30 ; vendredi : 9 h 30–12 h 30 et 15 h–18 h. Formulaire en ligne disponible. Plateforme nationale : service gratuit, hors prix de l’appel. Les modalités des suivis sont distinctes.
Fédération européenne Vivre Son Deuil et associations régionales Accompagnement d’enfants, d’adolescents, d’adultes et de familles : entretiens, écoute et groupes selon l’association. Contact de la fédération : 06 15 14 28 31 (ce n’est pas une ligne présentée comme disponible 24 h/24). Annuaire régional sur le site. Réseau d’associations en France ; l’offre locale est à vérifier. Horaire national unique et gratuité générale des accompagnements : source non trouvée.
S.O.S Amitié Écoute de la souffrance, du mal-être et de la solitude, par des bénévoles ; ce n’est pas un service spécialisé dans le deuil. 09 72 39 40 50, 24 h/24, 7 j/7. Chat et messagerie depuis le site. France. Le site principal indique le prix d’un appel local.
3114 Prévention du suicide : personne en détresse, entourage et professionnels. 3114, 24 h/24, 7 j/7. Gratuit et confidentiel ; métropole et outre-mer.
Professionnels de santé, équipes hospitalières Évaluation et orientation quand la souffrance ou ses répercussions le nécessitent ; certaines équipes proposent un soutien après un décès. Exemple local : au CHU de Nantes, dispositif pour les proches d’une personne décédée dans cet établissement, 02 76 64 36 79. Offre locale : elle n’existe pas dans tous les hôpitaux.

Quelques précisions sur ces ressources :

  • Empreintes prévoit un entretien préalable pour orienter la personne. Une adhésion annuelle de 25 € est demandée pour les entretiens individuels suivis décrits sur son site ; cette condition ne s’étend ni aux autres associations ni aux appels d’écoute.
  • Le premier contact avec les associations se fait par téléphone ou par formulaire. Les pages consultées ne publient pas de dossier de justificatifs pour ce premier échange ; l’exigence éventuelle d’un acte de décès préalable n’est pas documentée (source non trouvée).
  • Après un suicide, un accompagnement spécialisé existe, notamment les groupes « Empreintes Turquoise ». Y recourir est une possibilité, ni une obligation ni une promesse de résultat.
  • Proches aidants d’une personne âgée décédée à domicile : une recommandation professionnelle de l’Anesm, hébergée par la Haute Autorité de santé (2017), prévoit la poursuite possible de l’accompagnement de l’entourage après le décès. Elle concerne les services intervenant auprès des personnes âgées ; ce n’est pas une définition générale du deuil.

Questions fréquentes

Les cinq étapes du deuil existent-elles pour tout le monde ?

Non. Elles constituent un modèle théorique, formulé à partir de l’observation de personnes en fin de vie, puis appliqué au deuil. Une étude publiée en 2021 critique leur présentation comme une séquence à suivre, au risque de faire croire aux personnes qu’elles vivent « mal » leur deuil.

Combien de temps dure un deuil ?

Il n’y a pas de durée normale universelle, selon Empreintes (rapport 2014). Aucun nombre de semaines, de mois ou d’années ne mesure un « bon » deuil.

Quand demander de l’aide ?

Dès que le besoin se fait sentir, selon le NHS. Une souffrance qui s’aggrave, une anxiété difficile à supporter ou une grande difficulté à accomplir les activités quotidiennes peuvent justifier d’en parler à un médecin ou à un professionnel de santé mentale. Il n’est pas nécessaire d’attendre un anniversaire du décès.

À qui s’adresser en dehors des heures d’un cabinet médical ?

S.O.S Amitié (09 72 39 40 50) et le 3114 fonctionnent 24 h/24, 7 j/7. Le 3114 est dédié à la prévention du suicide. En cas de danger immédiat ou d’urgence médicale : 15 ou 112.

Comment parler du décès à un enfant ?

Avec des mots adaptés à son âge, en disant clairement que la personne est morte, en accueillant ses questions et en vérifiant qu’il ne se croit pas responsable. Voir la section consacrée à l’enfant ci-dessus.

Que faire ensuite ?

Sources

Cet article présente des repères d’information et d’accompagnement. Il ne s’appuie sur aucun texte réglementaire pour les réactions psychologiques, et ne constitue ni un avis médical ni un conseil thérapeutique.

  1. NHS — Grief after bereavement or loss (révision du 14 juillet 2026) — https://www.nhs.uk/mental-health/feelings-symptoms-behaviours/feelings-and-symptoms/grief-bereavement-loss/ — consulté le 19/09/2026.
  2. NHS — Children and bereavement (révision du 9 janvier 2023) — https://www.nhs.uk/mental-health/children-and-young-adults/advice-for-parents/children-and-bereavement/ — consulté le 19/09/2026.
  3. Frontiers in Psychology — Avis K. A., Stroebe M., Schut H., « Stages of Grief Portrayed on the Internet: A Systematic Analysis and Critical Appraisal », 12:772696, 2 décembre 2021, DOI 10.3389/fpsyg.2021.772696 — https://www.frontiersin.org/journals/psychology/articles/10.3389/fpsyg.2021.772696/full — consulté le 19/09/2026.
  4. Empreintes — Comment accompagner une personne en deuil ? (29 avril 2021) — https://www.empreintes-asso.com/actualites/comment-accompagner-une-personne-en-deui/ — consulté le 19/09/2026.
  5. Empreintes — Rapport annuel 2014 (utilisé uniquement pour l’absence de durée normale du deuil) — https://www.empreintes-asso.com/wp-content/uploads/2019/02/Rapport-annuel-2014.pdf — consulté le 19/09/2026.
  6. Cruse Bereavement Support — Effects of grief (date de mise à jour non trouvée) — https://www.cruse.org.uk/understanding-grief/effects-of-grief/ — consulté le 19/09/2026.
  7. Empreintes — Le deuil, une histoire de vie (brochure du Collectif interassociatif autour du deuil, 2024, pages imprimées 15–19) — https://www.empreintes-asso.com/wp-content/uploads/2024/02/Le-deuil-une-histoire-de-vie_Empreintes-2024 — consulté le 19/09/2026.
  8. UNICEF — How to talk to your children about the death of a loved one (29 juillet 2021) — https://www.unicef.org/eca/stories/how-talk-your-children-about-death-loved-one — consulté le 19/09/2026.
  9. Empreintes — Contactez-nous (coordonnées et horaires) — https://www.empreintes-asso.com/aider/contactez-nous/ — consulté le 19/09/2026.
  10. Empreintes — Accompagnement des adultes (adhésion, groupes Empreintes Turquoise) — https://www.empreintes-asso.com/aider/adultes/ — consulté le 19/09/2026.
  11. Fédération européenne Vivre Son Deuil — Site officiel — https://www.vivre-son-deuil.com/ — consulté le 19/09/2026.
  12. S.O.S Amitié — Accueil et écoute par téléphone — https://www.sosamitie.org/ et https://www.sosamitie.org/besoin-aide/telephone — consultés le 19/09/2026.
  13. 3114 — Qui sommes-nous ? — https://3114.fr/3114-qui-sommes-nous/ — consulté le 19/09/2026.
  14. Ministère de la Santé — Le numéro national de prévention du suicide — https://sante.gouv.fr/prevention-en-sante/sante-mentale/promotion-et-prevention/la-prevention-du-suicide/article/le-numero-national-de-prevention-du-suicide — consulté le 19/09/2026.
  15. Service Public — Quels sont les numéros en cas d’urgence et les numéros d’écoute ? (vérifié le 25 août 2026) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F33954 — consulté le 19/09/2026.
  16. CHU de Nantes — Soutien face au deuil — https://www.chu-nantes.fr/soutien-face-au-deuil — consulté le 19/09/2026.
  17. Anesm / HAS — Accompagner la fin de vie des personnes âgées à domicile (novembre 2017, chapitre 4, page 58) — https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2018-03/web_rbpp_findevie_domicile.pdf — consulté le 19/09/2026.